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Vous faites partie des entreprises qui vont accueillir des stagiaires
pendant l’été ? N’oubliez pas que faire appel à un stagiaire suppose de
respecter certaines règles.
Cet été, vous serez
certainement nombreux à recruter des stagiaires. Vous devez cependant
savoir que l’engagement d’un stagiaire nécessite de respecter un
certain nombre de règles. D’autant que depuis la loi pour l’égalité des
chances du 31 mars 2006, la pratique des stages en milieu professionnel
est fortement encadrée afin d’éviter notamment que certaines
entreprises confient à des stagiaires de véritables emplois salariés.
Aujourd’hui, les stages en entreprise doivent ainsi, en principe, faire
l’objet d’une convention préalable entre l’entreprise, le stagiaire et
son établissement d’enseignement.
Par ailleurs, les stages dépassant 3 mois
doivent donner lieu à une gratification minimale qui est exonérée de
charges sociales en deçà d’un certain plafond. Revue de détail des
règles du jeu.
Une convention de stage est toujours exigée
Stages concernés
Tout
stage – hors ceux relevant de la formation continue ou de la formation
des jeunes de moins de 16 ans – doit nécessairement faire l’objet d’une
convention tripartite entre l’entreprise, le stagiaire et son
établissement d’enseignement. La conclusion d’une convention de stage
est d’ailleurs exigée, qu’il s’agisse d’un stage obligatoire,
c’est-à-dire inscrit dans le cursus de l’étudiant, ou d’un stage
facultatif.
Et l’obligation d’établir une convention
s’applique à toutes les entreprises du secteur privé à but lucratif ou
non lucratif (associations). Quant au stagiaire, il peut s’agir d’un
élève d’un établissement d’enseignement technique ou secondaire ou d’un
étudiant préparant un diplôme de l’enseignement supérieur (par exemple,
les étudiants préparant un diplôme universitaire du type licence ou
master, les élèves des écoles de commerce ou encore d’IUT...).
Signature de la convention
En
pratique, la convention de stage est élaborée à partir d'une
convention-type établie par l'établissement d'enseignement. Elle doit
ensuite être signée par l'entreprise, le stagiaire (ou, s'il est
mineur, son représentant légal) et l'établissement. Plusieurs mentions
sont obligatoires, dont notamment les dates de début et de fin de
stage, la définition des activités confiées au stagiaire en fonction
des objectifs de formation, la durée hebdomadaire maximale de présence
ou encore le montant de la gratification allouée au stagiaire et les
modalités de son versement.
Mais attention, même si une convention de
stage est signée, l'Urssaf conserve le pouvoir de vérifier si le
stagiaire effectue ou non un véritable travail sous la subordination du
chef d'entreprise et de requalifier, le cas échéant, le stage en
contrat de travail, avec redressement de cotisations sociales à la clé…
Obligation de conservation
Vous
devez tenir et mettre à jour une liste de toutes les conventions de
stage que vous avez conclues. Une obligation normalement applicable aux
conventions de stage signées depuis le 2 février 2008.
L’administration ayant toutefois précisé
que vous avez également intérêt à lister les conventions qui étaient en
cours à cette date.
Une gratification minimale est parfois obligatoire
Si votre stagiaire effectue un stage d’une durée supérieure à 3 mois
consécutifs, vous devez nécessairement lui octroyer une gratification,
qui n’est pas assimilée à du salaire (le stagiaire n’étant pas un
salarié de l’entreprise). Les stages d’une durée inférieure ne sont
eux, pour l’instant, pas soumis à une gratification obligatoire.
Toutefois, rien ne vous empêche d’en verser quand même une à votre
stagiaire.
Appréciation de la durée du stage
La
durée du stage s’apprécie en tenant compte de la convention de stage et
de ses éventuels avenants. Sachant que, sauf si le stage est intégré au
cursus de l’étudiant, sa durée est limitée à 6 mois, renouvellement
compris. Celle-ci se calcule en durée calendaire, peu important le
nombre d’heures effectuées dans le mois par le stagiaire (par exemple,
un étudiant qui effectue, du 1er juin au 30 septembre, une journée de 7
heures de stage chaque semaine réalise bien un stage de plus de 3 mois
et doit donc être rémunéré). Par ailleurs, la durée de présence du
stagiaire ne peut dépasser la durée légale ou conventionnelle de
travail en vigueur dans votre entreprise.
Montant de la gratification
Si
rien n’est prévu par la convention collective de branche étendue qui
vous est applicable, le montant minimal de la gratification équivaut à
12,5 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (fixé à 21 € en 2009),
soit 398,13 € par mois pour 2009(1), dans l'hypothèse où la durée de présence du stagiaire est égale à la durée légale du travail (35 heures par semaine).
Date du versement
La gratification est due à compter du 1er
jour de stage et doit être versée chaque mois, et non à l'issue du
stage. Si la durée initiale du stage est inférieure à 3 mois, mais que
ce stage est ensuite prolongé au-delà de 3 mois, vous devez verser les
gratifications que le stagiaire aurait dû alors percevoir dès le 1er
mois en une seule fois dès la fin du 3e mois.
La gratification est normalement exonérée de charges sociales
Que le stage soit obligatoire ou non, vous bénéficiez, sur la
gratification versée, d'une franchise de charges sociales. Ainsi, les
sommes versées aux stagiaires ne sont pas assujetties aux cotisations
et contributions sociales (cotisations salariales et patronales de
Sécurité sociale, contribution de solidarité pour l'autonomie, Fnal,
CSG et CRDS et versement transport) dans la limite de 12,5 % du plafond
horaire de la Sécurité sociale, c’est-à-dire 398,13 € par mois en 2009
si le stagiaire travaille 35 heures par semaine. Le montant de la
franchise de charges sociales est ainsi strictement identique au
montant de la gratification obligatoire pour les stages de plus de 3
mois. Lorsque la gratification mensuelle du stagiaire est inférieure ou
égale à 398,13 €, aucune cotisation sociale n’est donc due. En
revanche, si la gratification est supérieure à cette somme, des
cotisations sociales sont, en principe, dues sur le différentiel entre
le montant de la gratification et 398,13 €.
Bon à savoir :
Une
charte des stages étudiants a été établie pour préciser les engagements
réciproques des signataires de la convention de stage. Cette charte,
ainsi que d’autres documents utiles, sont disponibles à l’adresse
internet : www.etudiant.gouv.fr (onglet insertion professionnelle, puis stages).
Et les jobs d’été ?
Si vous souhaitez faire appel à un jeune pour faire face à une tâche
régulière correspondant à un poste de travail ou pour remplacer un
salarié, vous ne pouvez pas employer un stagiaire. Vous pouvez en
revanche recourir aux jobs d’été. Votre jeune recrue doit alors signer
un CDD précisant notamment la raison exacte de son engagement et il a
également droit à une rémunération en principe au moins égale au Smic
(ou au salaire minimum conventionnel) et identique à celle que
percevrait dans votre entreprise un salarié en CDI.
(1) (21 € x 12,5 %) x 35 x (52/12) = 398,13 €
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